Hommage à mon premier patron

Publié le par Corinne

Il y a quelques mois, j’ai revu celui qui m’a donné ma première chance professionnelle. C’était en 19…, autant dire un bail ! Figurez-vous qu’il m’a fait signer mon contrat de travail dans la foulée de l’entretien d'embauche ! Je n’avais pourtant aucune expérience, je n’avais même pas fait de stage, j’avais même abandonné mes études, et cerise sur le gâteau, je n’y connaissais rien au journalisme !!! Aujourd’hui, quel recruteur prendrait un tel risque ?

Pendant quatre ans, j’ai secrètement eu à cœur de lui prouver qu’il avait fait le bon choix. Surtout ne pas le décevoir, être toujours sur le pont, motivée pour tout. De son côté, il m’a fait confiance, m’a formée, m’a appris les bases du métier, celles qui me servent encore aujourd’hui. Lorsque j’ai démissionné pour tenter ma chance à Paris, il en était tout bouleversé, et maladroitement, pour me retenir, m’a proposé un meilleur salaire. Une vraie réaction de patron J Moi, je voulais juste prendre mon envol.

Il va bientôt avoir 50 ans, il a connu des bas et des hauts professionnels et privés. Mais il a à peine changé. L’oeil toujours aussi pétillant, le sourire charmeur placé bien en coin, l’allure svelte et sportive, avec cette même passion du métier chevillée au corps. Mais quel est donc son secret ? « J’ai l’âge de mes désirs » m’a-t-il lancé en riant.

Même si par la suite, j’ai connu d’autres patrons (et patronnes !), je n’ai jamais pu oublier le premier homme de ma vie professionnelle. Et vous ?     
Le dessin de ce billet est tiré du site Illustration.fr

A lire ou relire sur le même thème, sur ce blog : C'est qui votre modèle professionnel ?

Publié dans Elles travaillent

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Lilia 26/02/2007 14:04

Joli hommage en effet ! C'est super gentil à toi.Moi aussi je dois une fière chandelle à mon premier boss. J'avais 21 ans et sans expérience, mais il a misé sur moi et je suis restée à son cabinet d'Expert-comptable pendant huit ans.Il a eu de la peine aussi quand je suis partie pour un poste plus important.Quand j'ai travaillé pour lui, il m'a formée. Il m'a poussé aussi à continuer mes études (en soirée) et j'ai réussi. Je lui dois beaucoup !!Même aujourd'hui que je suis expatriée au Canada, je pense que j'ai le niveau que j'ai grâce à lui en partie.Je devrais faire comme toi et lui redire ma reconnaissance.Merci Corinne :)

Marguerite 13/02/2007 09:39

oui moi aussi je garde un excellent souvenir de mon premier 'vrai' patron, celui qui a cru en moi et m'a fait croire en moi. Quelqu'un d'humain, de sensible, d'intelligent, de respectueux de tous les salariés de son entreprise, sans considération pour les diplômes,mais reconnaissant la valeur personnelle, celle qui se traduit par la motivation et la volonté d'aller de l'avant.
Un homme engagé et courageux, qui a su relever les manches quand l'entreprise était menacée de fermeture, qui ne comptait pas les heures nocturnes passées au bureau ou dans les ateliers.
Je veux lui adresser toute ma reconnaissance d'avoir pu faire partie un peu de son univers professionnel, et surtout d'avoir su conserver des valeurs humaines malgré ses diplômes qui auraient pu faire de lui un homme comme tant d'autres, un 'capitaliste' et un être insensible.
Ce message s'adresse de façon générale á tous les patrons en place et à venir : il serait temps d'humaniser cette fonction et de considérer que reconnaissance des autres peut aussi rimer avec résultats et bénéfices. Démystifions une fois pour toutes que responsabilités et encadrement doivent se solder par austérité, narcissisme et costume-cravate!

anne 09/02/2007 10:06

Bonjour,Et tout d'abord bravo pour ce blog. Je le découvre aujourd'hui, et je vais essayer de trouver le temps d'avancer dans sa lecture.Je suis très touchée par ce petit article sur le premier patron.J'ai travaillé pas mal de temps comme costumière de théâtre, dans plein de compagnies différentes, avant de rencontrer mon premier "vrai" patron, et ça a changé pas mal de choses sur ma manière de voir.Je suis rentrée en contrat d'apprentissage dans une usine de confection de pret-à-porter de luxe, comme mécanicienne (derrière une machine à coudre toute la journée). Le patron m'a fait confiance (passer de costumes uniques au travail à la chaîne, c'est pas évident), et nous y avons trouvé notre contentement, l'un comme l'autre. Il était le directeur de l'usine, mais il se mettait aux machines pour les coups de bourre. Il adorait son métier, et on sentait chez lui un véritable amour du travail bien fait.Jai eu mes CAP et BEP, mais le plus important, je l'ai appris dans cette usine.Au bout d'un an, je suis retournée aux costumes. Mais ce que j'ai appris là me sert toujours aujourd'hui : le respect du travail de l'autre,  et surtout, la certitude que tous les savoirs sont respectables : intellectuels, artistique, manuels, techniques.Moi aussi, je peux dire : merci Jacques !

Baïlili 03/02/2007 16:05

Moi non plus, je n'ai jamais pû l'oublier... parce qu'il est devenu mon caompagnon pour quelques années !

cécile 02/02/2007 12:22

Entre les galères de boulots en boulots et mon statut actuel de pigiste, j'ai eu affaire à une bonne dizaine de patrons et patronnes.
Mes contacts avec mes patrons ont en général été assez neutres, alors qu'avec mes patronnes, c'est davantage tout ou rien : celles que j'ai croisées étaient soit abominables, soit super. Peut-être est-ce dû à ma propre histoire : comme Mondemo, je cherche peut-être inconsciemment une mère. Peut-être aussi les patronnes sont-elles davantage dans l'affectif.