Vous aurez du mal à les ignorer

Publié le par Corinne

Vous allez les voir partout : à la télé, sur les murs de votre ville, dans la presse, sur internet. Vous allez aussi les entendre à la radio. Mais quiiiii ?! Ces femmes et ces hommes de plus de 50 ans qui sont au coeur de la campagne de communication du ministère de l’emploi.

Leur point commun : ils cherchent tous un travail et espèrent bien convaincre un employeur (et le grand public en général) qu’ils ne sont pas trop vieux et qu’ils font toujours l’affaire. Comment ? En annonçant haut et fort qu’ils sont au top de leur forme intellectuelle et physique.

Attention, ça déménage :

- Brigitte, 53 ans, vendeuse, a réuni 100 000 euros pour aider à la lutte contre le sida,
- Patrick, 57 ans, biologiste, vous bat aux jeux vidéo "à l’aise",
- Emilie, 62 ans, ingénieure (notez le "e") court un marathon aussi vite que vous.
- Et mon préféré : Alain, 61 ans, comptable, fait l’amour plus longtemps que vous (et ben...),

D’autres exemples ? Alors côté femmes, on a : "j’ai vaincu le cancer", "j’ai un QI de 145", "je viens d’être diplômée d’un mastère en mathématiques", "je suis allée dans des lieux qui n'existe plus". Et côté hommes : "j’ai commencé le saxo", "j’ai construit un bateau", "j’ai créé un site internet" (dépassé, faut créer un blog, ça fait plus d'jeuns)…

Pour résumer, les seniors maîtrisent le joystick (dans tous les sens du terme), sont des as du bricolage et amateurs de musique. Les seniorettes sont mieux loties je trouve. Elles sont généreuses, courageuses, intelligentes et sportives. Merci pour cet hommage, Monsieur Raymond Depardon, photographe et réalisateur de cette campagne, qui au total a tout de même coûté la bagatelle de 3 millions d’euros.

Reste maintenant à savoir si cette communication sera suffisante pour faire basculer le regard de la société et des recruteurs. Et surtout comme le souhaite le gouvernement pour faire passer le taux d'emploi des 55-64 ans de 37,9 % (25 % pour les femmes !) à 50 % d'ici 2010. Personnellement, j’en doute. Mon côté pessimiste sans doute...

Encore plus de détails (avec la voix d'Alain en prime) ? Direction le site www.emploidesseniors.gouv.fr

Publié dans Elles font l'actu

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A. Marie 06/11/2006 15:11

Et oui ! Et qu'en sera-t-il lorsque nous devrons travailler, comme cela ne manquera certainement de se produire, jusqu'à 65 ou 70 ans ?? Aurons-nous des sports publicitaires pour promouvoir les "compétences" des soixantenaires, des septuagénaires ??
Ou bien des campagnes pour je ne sais quel produit miracle nous permettant de conserver jeunesse physique et mentale ??
Je ne sais pas ce que l'avenir nous réserve, mais, ce que je sais, c'est que l'humain a de moins en moins de droit et de plus en plus de devoirs...
Mais non, suis pas désabusée !!
 

MichÚle KRUST 28/10/2006 11:21

Bravo pour cette campagne. Mais... comment changer les mentalités puisque même l'assedic semble considérer les seniors comme bons pour la casse.
A titre d'exemple, j'ai 58 ans. Mon contrat de chantier de 18 mois a pris fin. Je suis donc inscrite comme demandeur d'emploi depuis le 11 octobre et ce matin, je reçois une lettre m'informant que, compte tenu de mon âge, je peux "être dispensée de recherche d'emploi". Alors que je dois travailler jusqu'à 65 ans pour avoir une retraite correcte (actuellement ma retraite est de 197 euros/mois !).
Peut-être cette mesure est-elle faite pour faire baisser artificiellement le nombre des demandeurs d'emploi ?
Nous les seniors on a vraiment l'impression que l'on nous pousse vers la tombe, puisque, apparemment, on n'est plus bon à rien. Je suis réellement écoeurée.
Michèle

Corinne 24/10/2006 21:23

@ Elise : merci pour cette analyse vue par une junior (si, si, tu l'es tout même encore un peu). On se voit au blog emploi challenge mardi prochain ?:-)@ Christine : quel plaisir de vous lire chez "Elles". Et n'hésitez pas à glisser votre témoignage sur le site gouvernemental. Il est aussi fait pour ça ! Et tant mieux si les médias s'intéressent à votre histoire :-)

christine 24/10/2006 15:30

bonjour à vous ; c’est en tremblant que je poste mon commentaire, encore un peu fébrile, la fille … mais je me dis que c’est sans doute le reflet de ce qui se passe pour d’autres … j’ai pourtant tout bien fait comme on m’a dit : parcours anpe + gros bilan de compétences réussi + sacrifices perso, c’est du boulot et çà coûte cher de sortir du chômage, et à 50 ans passé toute guillerette, je l’ai trouvé mon nouveau job, je m’y suis investie et on me l’a retiré au bout d’un an, déjà ! de force … la suite est facile à imaginer … c’était un temps partiel, suffisant pour me re-loger, manger, m’habiller … alors oui, la nouvelle campagne de pub coûte cher, mais j’espère encore qu’elle sera utile et qu’elle apportera le plein emploi à nous autres, les qualifiés en demande … merci à vous, Corinne, de m’avoir si gentiment répondu, l’autre jour, je me cramponne aux branches ;-)

Elise Mark-Walter 24/10/2006 09:21

Bonjour Corinne, réaction d'une vraie fausse junior. :) En effet, le gouvernement a mis le paquet (du moins c'est le message qu'il veut faire passer) pour revaloriser des séniors dont certains (je lis les commentaires) sont sans doute exaspérés que l'on deuille en passer par là pour faire évoluer les mentalités. ce qui ne devrait pas poser de problème et ne pas être opposé, expérience empirique, adaptable, pragmatique des séniors contre énergie frétillante et savoir théorique tout frais des juniors l'est de fait dans un système de recrutement où le CNE frappe désormais à tout âge et surtout où les stages perdurent ; avec de vrais postes à responsabilités confiés en turn-over à des... étudiants!!! Ajoutons à cela, un accroissement de la précarité et de la flexibilité qui en délinéarilisant les parcours professionnels ne rendent plus évidents au sein de l'entreprise ce rôle de mentor de la jeunesse qui apprend des séniors respeonsables. Les parcours sont par trop morcelés et les dividendes d'expériences cumulées dans des entreprises et parfois des secteurs différents moins faciles à traduire pour un recruteur qu'un mono-parcours avec 20-30 ans de boîte avec une évolution graduelle et intelligible jusqu'au sommet de la chaîne des responsabilités envisageables. cette chaotisation des parcours crée une mise à égalité biaisée entre séniors et jeunes diplômés ou à tout le moins jeunes salariés.