Parce que les femmes ont tout pour réussir leur vie professionnelle
Le blog Tout pour Elles est destiné aux femmes qui travaillent ou à celles qui veulent (re)trouver un emploi.
"Tout pour elles" a remporté
le Blog d'Or 2006 grâce à vous. Encore mille mercis !
Son but : mettre en avant des expériences personnelles, des bons plans, des exemples à suivre, des pistes plus ou moins connues mais pas forcément bien utilisées... pour réussir à s'en sortir ou pour mieux vivre sa vie professionnelle. On aborde ici des sujets sérieux (salaire, discrimination, harcèlement, chômage...) et aussi des sujets plus légers, mais avec un seul point commun : le travail. Dans l'idéal, ce blog réunirait une communauté de femmes actives ou non, de tous milieux sociaux, de tous âges, et qui s'entraideraient. Les hommes sont également bienvenus...
Pourquoi ce titre ? Parce que les femmes ont tout pour elles, tout pour réussir, tout pour s'épanouir, mais parfois elles ne le savent pas ou elles en ont peur. Allez les filles, au boulot !!! :-)
C'est qui l'auteur ?
Je m'appelle Corinne, j'ai 41 ans, je suis journaliste à Paris, spécialisée dans l'emploi et la formation, et maman d'un "petit" garçon de 10 ans. Les femmes, leurs activités et "combats" professionnels m'ont toujours beaucoup intéressé. Pour autant, je ne suis ni une féministe extrémiste, ni une militante acharnée, mais juste une femme qui met son expertise professionnelle aux services des autres, aux femmes en particulier. Pour en savoir plus sur mon parcours et mes envies professionnelles, vous pouvez lire l'interview accordée au Blog emploi challenge. N'hésitez pas à commenter mes billets. Et pour m'écrire directement, c'est ici : toutpourelles@wanadoo.fr
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A 25 ans, je travaillais comme hôtesse d’accueil dans un séminaire de formation à Cannes. Nous étions tous en train de prendre le petit-déjeuner près de la mer et il faisait très chaud. Je décidais de retirer la veste de mon tailleur et de rester vêtue d’une chemisette à dentelles et à manches courtes, boutonnée dans le dos (le détail a son importance).
Je butinais ainsi de table en table, prévenante, avenante, 100 % dans mon rôle, lorsque j’entends tout à coup un homme m’interpeller. "Mademoiselle… Mademoiselle… Votre chemisier est ouvert derrière… Vous permettez que je vous... boutonne ?". Loin d’être discret, ce quadragénaire avait lancé sa proposition bien fort, prenant à témoin ses voisins. Aussitôt dit, il se lève et s’approche de moi. "Alors ? Vous permettez ?" insiste-t-il goguenard en tendant ses bras et en jetant un regard complice à ses collègues. J’ai piqué un fard, je l’ai remercié en souriant et je me suis laissée "boutonner" devant un public ravi de ce show improvisé.
Longtemps, je me suis maudis de n’avoir pas réagi, de n’avoir pas lancé LA répartie, celle qui aurait cloué ce goujat sur place. Et puis, je m’en suis prise à mon chemisier. Après tout, c'était sa faute. Quelle idée de l’avoir mis ce jour-là ! J’aurais mieux fait de garder ma veste. Tant pis pour la chaleur. Mais peut-être qu’après tout, étais-je trop mijorée, voire coincée. J'aurais dû prendre le parti d’en rire, d'en plaisanter. Ah, ah, ah, trop marrant ce type ! Et quel humour !... Mais non. Finalement, je n’ai jamais trouvé ce "mec lourd" très drôle.
Si je vous raconte cette anecdote aujourd'hui, c'est que je sais que nous sommes nombreuses à être confrontées à ce genre de situation.
Que ce soit dans la rue, dans les transports en commun ou dans le monde professionnel, nous sommes souvent la cible de jugements et de remarques déplacés et gênants lancés par une catégorie d’hommes se croyant sympathiques et drôles, et qui en fait ne cherchent qu’à gêner et humilier pour asseoir leur domination sociale et sexuelle. Et bien, je viens de découvrir tout récemment que ce comportement porte un nom précis. C'est "le paternalisme lubrique".*
Attention, je ne parle pas là du gentil dragueur, du type sympa qui cherche une ouverture, du collègue qui fait une remarque charmante sur notre robe (et pas sur notre décolleté !). Ni du harceleur sexuel ou moral dont j’ai déjà parlé ici. Mais de cet homme que vous ne reverrez peut-être ou sans doute jamais, qui vous coince et vous déstabilise par des propos choquants ou des gestes anormalement familiers, qui vous prend pour sa chose, vous met en position d’infériorité, face auquel vous avez forcément envie de dire "NON".
Côté travail, les principales victimes de ces "mecs lourds" sont les hôtesses d’accueil, les serveuses, les vendeuses, les infirmières, les journalistes, les comédiennes, les standardistes, les caissières, les ouvreuses… Celles qui non pas le choix, juste celui d'encaisser pour ne pas perdre leur boulot.
Alors que faire si vous vous retrouvez face à un de ces "paternalistes lubriques" ? (décidément, j'adore cette expression !). Garder le silence, lancer un regard qui tue ou les ignorer, propose Natacha Henry. Il parait que cela les déstabilise. De toute façon, nous ne sommes pas vraiment faites pour leur en coller une, n'est-ce pas ?
* Les mecs lourds ou le paternalisme lubrique. Natacha Henry. Ed. Robert Laffont
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