Tu couches ?

Publié le par Corinne

Non, ce n'est pas le titre d'un film porno (bien que ?). Cette accroche provocatrice fait partie des nombreuses expressions sexuelles et sexistes lancées aux femmes sur leur lieu de travail ou même à celles qui cherchent à se faire recruter.

Voici un petit florilège d'expériences découvert sur le site de l’Association européenne contre les violences faites aux femmes au travail (Avtf).

- Une ingénieure informatique se présente à un entretien d'embauche. Elle s'entend dire par le recruteur agitant une pile de curriculum vitae :
- "Bien entendu, vous n'êtes pas la seule candidate... Etes-vous disponible ? ... Il va vous falloir un petit plus..."

- Une secrétaire arrive à la fin de sa période d'essai. Son patron s'approche de son poste de travail et lui met les mains sur les épaules :
- "L'essai n'est pas particulièrement concluant, mais on peut s'arranger. D'ailleurs, dans votre situation, ces années de chômage, un enfant, vous n'avez pas tellement le choix" !

- Une journaliste (je vous assure que ce n'est pas moi !) est convoquée par le rédacteur en chef :
- "Il est bon votre article, vous avez du talent. C'est la première fois que je dis ça à une stagiaire. C'est décidé, je vous mets en orbite. Je vous invite à dîner pour fêter ça".
Elle décline l'invitation. Quelques jours plus tard, le patron entre dans son bureau :
- "C'est nul ce torchon, vous allez me refaire ça vite fait. Attention ma jolie, quelques coups de téléphone et ta belle carrière s'arrête là".

- Une femme de ménage nettoie les bureaux tard le soir. Le contremaître, arrivant par surprise alors qu'elle passe l'aspirateur, la pousse dans un coin et tente de la déshabiller.


L'Avtf est la seule structure spécialisée dans la prévention et le traitement des violences au travail en France. Elle est d’ailleurs à l'origine des lois françaises relatives au harcèlement sexuel. Si vous avez un jour affaire à un collègue ou un patron sexiste et que vous ne savez pas comment vous en sortir, n’hésitez pas à contacter l’Avft : 01 45 84 24 24. Un numéro à glisser dans votre répertoire au cas où… !

Personnellement, je n’ai jamais eu affaire à ce genre de comportement, et vous ?

Publié dans Elles s'entraident

Commenter cet article

Vicky 10/11/2006 22:57

Je venais justement de cet article. D'ailleurs, je pense que je vais passer le week-end à éplucher tout ce blog si interessant (et à convier mes lecteurs à venir eux aussi y faire un tour)

Corinne 10/11/2006 22:38

Bienvenue ici Vicky :-) Je t'invite à lire une note proche de celle-ci et que j'ai posté un peu plus tard http://toutpourelles.over-blog.com/article-4123981.html . Dans les commentaires, tu trouveras quelques indices pour te "défendre". Surtout, mets vite les points sur les "i" avec ces types, et non, ne crois pas que tu manques d'humour. C'est vraiment eux qui sont lourds...

Vicky 10/11/2006 22:25

Ca fait bizarre de lire ça... Depuis 11 mois, j'ai mon "premier boulot", dans une grosse banque, aux services centraux. Une équipe sympathique et décontractée, ça commence bien. Jusqu'à ce que commence le petit jeu de ces messieurs, à peine plus âgés que moi: me déstabiliser.
Ca commence par des petites allusions sexuelles "Elle est bonne la nouvelle" Je pique un fard et je me tais. On me dit qu'ils sont lourds et de ne pas y faire attention.
Puis ça enchaîne "Qu'est-ce que tu fous avec ton copain (comme si je ne pouvais pouvais pas avoir de vie privée) alors qu'on est là" Je ne dis toujours rien... Le jour où il se colle à moi pour "me poser une question professionnelle", je lui dis de dégager. On me regarde bizarrement, je ne suis pas drôle.
A force de silence et de regards qui tuent, ils m'ont lâché... Je passe pour la fille qui manque d'humour et avec qui on ne peut pas rire. Et après? Ce que je regrette, c'est de ne pas leur avoir dit plus tôt qu'ils n'amusaient que leur cercle d'intouchables. Mais leur dire qu'ils me mettaient terriblement mal à l'aise n'aurait fait que les pousser à continuer...
Merci pour ce beau blog que je découvre tout juste!

Corinne 11/10/2006 22:56

@ Princesse Strudel : merci pour ton témoignage. J'admire ton assurance. Tu as raison de souligner que l'aplomb a finalement du... bon ! 

Princesse Strudel 11/10/2006 12:00

Oui, j'ai été victime de harcèlement sexuel et moral lorsque j'ètais stagiaire. Ce n'est que lorsque j'en ai parlé à mon médecin traitant que celui-ci a mis un nom sur ce que je pensais être une simple incompatibilité d'humeur.
Je n'ai pas porté plainte mais, de retour au bureau après une semaine d'arrêt maladie, j'ai osé répondre à une agression verbale de facon sèche et assurée, en public. Ce qui a conduit à une explication franche et détaillée avec le PDG de la société, lequel a certes cherché à minimiser le harcèlement moral "il n'a pas rempli ses objectifs, il est stressé"), mais a un peu redressé les bretelles du gugusse. Pas assez, ceci dit.
Maintenant j'ai pour règle de ne pas laisser passer. Si j'ai droit à une remarque en public, je rétorque en public, et tant pis si je passe pour une emmerdeuse ou une coincée.  C'est plus délicat avec les clients, ceci dit: le client ou contact de ton PDG qui se permet de te tutoyer (je tutoie automatiquement en retour, pour ne pas me laisser placer sur un pied d'infériorité), de te prendre la main pour te saluer et la garde un peu trop longtemps (je retire doucement avec un sourire), tu peux moins les envoyer bouler. Mais je ne me gêne plus pour remettre un colègue à sa place. Chose curieuse, plus je gagne en assurance et moins je rencontre de butors de cette espéce. Peut-être que la clé est là?